Ce qu’il faut retenir : le poulet basquaise est construit sur une piperade — tomates, piments doux et oignons confits à feu doux — que l’on fait cuire seule 20-25 minutes avant d’y plonger le poulet doré. Le jambon de Bayonne et le piment d’Espelette ne sont pas des options, ils sont la signature du plat. Préparé la veille, il est toujours meilleur.
Ma grand-mère préparait ce plat le samedi soir pour le dimanche midi. Elle achetait ses piments doux au marché Victor Hugo — les piments d’Anglet verts, pas les poivrons, qu’elle jugeait trop aqueux. Le jambon de Bayonne, elle le prenait en talon chez le même charcutier depuis des années, qu’elle taillait elle-même en lardons. Le plat reposait une nuit entière et elle le réchauffait doucement le lendemain : les saveurs s’étaient fond-ues, la sauce avait épaissi, le poulet était fondant.
Ingrédients pour 4 personnes
- 1 poulet fermier entier découpé en morceaux (ou 8 hauts de cuisses)
- 4 piments doux d’Anglet (ou 3 poivrons : 2 rouges, 1 vert)
- 4 tomates mûres bien charnues (ou 400 g de tomates concassées en boîte hors saison)
- 2 oignons
- 4 gousses d’ail
- 150 g de jambon de Bayonne en talon ou en tranches épaisses
- 1 cuillère à café de piment d’Espelette AOP
- 15 cl de vin blanc sec (Jurançon de préférence)
- 1 bouquet garni (thym, laurier)
- 4 cuillères à soupe d’huile d’olive
- Sel, poivre du moulin
- Persil frais pour servir
Piment d’Anglet ou poivron ? Le piment d’Anglet est le piment doux traditionnel du Pays Basque — plus fin, moins aqueux, avec un parfum légèrement plus fruité que le poivron. Hors Pays Basque, il est difficile à trouver. Les poivrons fonctionnent très bien : 2 rouges pour la douceur, 1 vert pour le caractère.
Préparation
- Préparez les légumes. Émondez les tomates (incision en croix, 30 secondes à l’eau bouillante, puis eau froide), épépinez et détaillez en dés. Ouvrez les piments ou poivrons, retirez graines et membranes blanches, taillez en lanières. Émincez les oignons. Hachez l’ail. Coupez le jambon en lardons ou lanières.
- Dorez le poulet. Salez, poivrez les morceaux. Dans une cocotte en fonte, chauffez 2 cuillères d’huile à feu vif. Faites dorer le poulet sur toutes les faces jusqu’à belle coloration, 10 à 12 minutes. Réservez.
- Faites compoter la piperade. Dans la même cocotte, sans nettoyer, ajoutez le reste d’huile et faites revenir les oignons à feu moyen 8 minutes jusqu’à transparence. Ajoutez l’ail et le jambon de Bayonne, cuisez 2 minutes. Incorporez les piments ou poivrons, remuez et laissez fondre 10 minutes. Ajoutez les tomates, le piment d’Espelette et le bouquet garni. Déglacez au vin blanc, grattez les sucs de cuisson. Couvrez et laissez compoter 20 à 25 minutes à feu doux — la piperade doit être fondante et confite avant d’y ajouter le poulet.
- Ajoutez le poulet et terminez la cuisson. Remettez les morceaux de poulet dans la cocotte, enfoncez-les dans la piperade. Couvrez et laissez mijoter à feu doux 35 à 40 minutes, en remuant de temps en temps. Le poulet est cuit quand la viande se détache facilement de l’os. En fin de cuisson, enlevez le couvercle et laissez réduire la sauce 10 minutes si elle vous semble trop liquide.
- Rectifiez l’assaisonnement, parsemez de persil haché et servez.
Secrets de réussite
La piperade se cuit avant le poulet. C’est le geste clé que beaucoup de recettes escamotent. Si vous ajoutez le poulet trop tôt, les légumes n’ont pas le temps de confire et la sauce reste aqueus et sans corps. 20 minutes de piperade seule font toute la différence.
Le jambon de Bayonne n’est pas une option. C’est lui qui apporte la profondeur salée qui équilibre l’acidité des tomates. Un talon de jambon donne plus de saveur qu’une tranche fine.
Préparé la veille, il est meilleur. Laissez refroidir à température ambiante puis réfrigérez. Le lendemain, réchauffez à feu très doux à couvert, en ajoutant un peu de bouillon de volaille si la sauce a épaissi trop.
Accompagnements
Le riz blanc est l’accompagnement traditionnel — il absorbe la sauce et en est inséparable. Les pommes de terre vapeur fonctionnent aussi très bien. Servez avec du pain de campagne pour saucer. Retrouvez d’autres mijotés du même registre : la blanquette de veau de grand-mère et le lapin à la moutarde suivent la même logique de cuisson lente en cocotte.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser uniquement des cuisses ou des blancs ? Les cuisses (hauts de cuisses de préférence) sont idéales — elles tolèrent mieux la cuisson longue et restent juteuses. Les blancs cuisent plus vite : ajoutez-les 15 minutes après les cuisses pour ne pas les surcuire.
Peut-on remplacer le piment d’Espelette ? Du paprika doux fumé + une pincee de cayenne donnent un résultat approchant. Évitez le piment fort qui écraserait les saveurs.
Peut-on cong-eler le poulet basquaise ? Oui, très bien. En portions, jusqu’à 3 mois. Décongelez au réfrigérateur 24 heures avant et réchauffez à feu doux.




